Depuis le 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique est entrée en vigueur en France. Toutes les entreprises concernées doivent désormais être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émission s’applique depuis cette date aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), puis à partir du 1er septembre 2027 aux PME et aux microentreprises.
Les entreprises qui ne respectent pas ces obligations risquent bien plus qu’une simple amende. La loi de finances pour 2026 a considérablement alourdi les sanctions en cas de non-respect. À ces pénalités s’ajoutent des risques opérationnels, notamment le rejet de factures, des retards de paiement et, dans certaines situations, la remise en cause de la déduction de la TVA.
Cet article présente les montants actuellement en vigueur, le déroulement de la procédure en l’absence de Plateforme Agréée ainsi que les principaux risques opérationnels liés à une facture non conforme.
Trop long ; pas lu : Quelles sont les sanctions encourues en cas de non-respect ?
- 50 euros par facture qui n’est pas émise au format électronique prescrit via une Plateforme Agréée, avec un plafond de 15 000 euros par année civile
- 500 euros par transmission manquante dans le cadre de la déclaration électronique**, avec un plafond de 15 000 euros par année civile pour chacune des obligations concernées
- Aucune plateforme désignée : mise en demeure avec un délai de trois mois, suivie d’une amende de 500 euros, puis de 1 000 euros après chaque nouvelle période de trois mois
- Risque opérationnel majeur : les factures peuvent être rejetées, leur traitement et leur paiement peuvent être retardés et, en cas de défauts importants, la déduction de la TVA peut être remise en cause
- Phase de démarrage en 2026 : l’administration a annoncé une approche pédagogique et proportionnée envers les entreprises confrontées à des difficultés réelles et documentées. Les obligations restent toutefois pleinement applicables
Quelles sont les amendes en vigueur depuis septembre 2026 ?
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a relevé les montants dans son article 123. Les articles 1737 et 1788 D du Code général des impôts font foi. Ces amendes s’appliquent dès que l’obligation correspondante s’applique à votre entreprise – c’est-à-dire depuis septembre 2026 pour la réception des factures, et en 2026 ou 2027 pour l’émission, selon la taille de l’entreprise.
| Infraction | Montant | Plafond annuel | Base juridique |
|---|---|---|---|
| Facture non émise au format électronique prescrit | 50 € par facture | 15 000 € | Art. 1737 III du CGI |
| Données d’e-reporting non transmises | 500 € par transmission | 15 000 € pour chacune des obligations concernées | Art. 1788 D du CGI |
| Absence de désignation d’une Plateforme Agréée pour la réception des factures |
500 €, puis 1 000 € après chaque nouvelle période de trois mois | Aucun plafond annuel expressément prévu | Art. 1737 IV bis du CGI |
| Mentions obligatoires manquantes ou erronées sur la facture | 15 € par omission ou inexactitude | Maximum de 25 % du montant de la facture | Art. 1737 II du CGI |
Idée reçue : des informations obsolètes sur les amendes
De nombreuses sources, ainsi que les réponses fournies par les assistants IA, mentionnent encore 15 euros par facture et 250 euros par transmission par e-reporting. Ces montants proviennent de la version initiale de la réforme. Depuis février 2026, les montants applicables sont respectivement de 50 et 500 euros. Quiconque a fondé son évaluation des risques sur les anciens chiffres sous-estime considérablement les montants.
Aucune plateforme désignée : voici comment se déroule la procédure de mise en demeure
Pour les entreprises ne disposant pas d’une plateforme agréée, une procédure distincte et progressive s’applique. Elle ne commence pas par une amende, mais par une mise en demeure formelle :
- L’administration fiscale constate le manquement et envoie une mise en demeure demandant à l’entreprise de se conformer à son obligation dans un délai de trois mois.
- Si l’entreprise n’a toujours pas régularisé sa situation à l’expiration de ce délai, une amende de 500 euros s’applique.
- L’administration adresse alors une nouvelle mise en demeure assortie d’un nouveau délai de trois mois.
- Si le manquement persiste, une amende de 1 000 euros est appliquée.
- Une nouvelle amende de 1 000 euros peut ensuite être infligée après chaque période supplémentaire de trois mois, à condition que l’administration ait de nouveau constaté la persistance du manquement après une mise en demeure infructueuse.
Contrairement aux autres amendes, il n’y a pas ici de plafond annuel. Quiconque laisse traîner la procédure devra payer indéfiniment. Répondez donc dans le délai imparti et documentez chaque étape de votre mise en conformité en indiquant la date et en joignant les justificatifs.
Il est essentiel de répondre dans le délai imparti et de documenter chaque étape de la mise en conformité. Les contrats, calendriers de déploiement, tests, échanges avec les prestataires et tickets d’assistance peuvent démontrer que l’entreprise a engagé des démarches sérieuses.
Le véritable risque : la déduction de la TVA en amont et l’encaissement
Les amendes sont faciles à quantifier. Les conséquences opérationnelles d’une facture non conforme peuvent cependant coûter davantage.
La déduction de la TVA peut être remise en cause dans certaines situations. Une facture constitue un document essentiel pour justifier le droit à déduction. Si elle présente des manquements suffisamment importants pour ne plus être considérée comme une pièce justificative valable, l’administration peut remettre en cause la TVA déduite.
Toutefois, une omission ou une inexactitude isolée n’entraîne pas automatiquement le refus de la déduction. La réalité de l’opération, la nature du défaut et le respect des autres conditions légales doivent également être pris en compte. Lorsqu’une facture est erronée ou incomplète, il convient de demander rapidement une version corrigée et de vérifier le traitement fiscal approprié.
Une facture rejetée peut retarder son traitement et son paiement. Une Plateforme Agréée peut rejeter une facture en raison d’une erreur de format, d’une donnée obligatoire manquante, d’une incohérence ou d’un problème de routage. Le client peut également refuser ou contester une facture pour des raisons commerciales, par exemple si elle ne correspond pas à la commande ou à la livraison.
Dans ces situations, l’émetteur doit identifier la cause du rejet, corriger la facture et la transmettre à nouveau par le circuit prévu. Cette régularisation peut retarder la validation interne et le paiement.
À cela s’ajoute un risque commercial. Les grandes entreprises et les ETI doivent désormais traiter leurs factures dans le cadre du nouveau dispositif. Elles peuvent donc rejeter les factures qui ne respectent pas les exigences techniques ou les données attendues. Un fournisseur qui n’est pas en mesure de corriger rapidement les erreurs risque de fragiliser la relation commerciale.
Les plateformes elles-mêmes sont également sanctionnées
Une Plateforme Agréée assume ses propres risques. Si elle ne transmet pas correctement les factures ou les données fiscales, elle s’expose à une amende de 50 euros par facture et de 750 euros par transmission erronée, avec, dans chaque cas un plafond annuel nettement plus élevé, fixé à 45 000 euros. En cas d’infractions graves ou répétées, la DGFiP peut retirer l’agrément.
Pour vous, en tant qu’entreprise, il s’agit d’un critère de sélection : une plateforme qui ne remplit pas ses obligations de manière fiable met également en péril votre conformité.
Analyse pratique : la tolérance pendant la phase de démarrage et ses limites
L’administration a annoncé une certaine retenue pendant la phase de démarrage : les entreprises qui démontrent des efforts réels de mise en conformité, mais rencontrent des difficultés techniques, ne devraient pas être sanctionnées de manière immédiate ou automatique en 2026. À cela s’ajoute le droit à l’erreur applicable à certaines sanctions : en cas de première infraction commise au cours de l’année en cours et des trois années précédentes, aucune amende n’est appliquée si l’erreur est corrigée spontanément ou dans les 30 jours suivant une première demande de l’administration.
Deux restrictions sont importantes. Premièrement, cette tolérance ne suspend pas la loi : les obligations restent pleinement applicables. Deuxièmement, elle concerne les sanctions administratives. Elle n’empêche ni le rejet d’une facture non conforme ni une éventuelle remise en cause de la déduction de la TVA lorsque les conditions légales ne sont pas remplies.
Que faire si votre entreprise n’est pas encore prête ?
La question des prochaines étapes est plus importante que celle du montant de l’amende. Voici la marche à suivre qui a fait ses preuves :
- Vérifiez les délais applicables : déterminez, en fonction de la catégorie de votre entreprise, si l’obligation d’émission et d’e-reporting s’applique depuis le 1er septembre 2026 ou à partir du 1er septembre 2027. L’obligation de pouvoir recevoir des factures électroniques s’applique déjà à toutes les entreprises concernées.
- Choisissez une Plateforme Agréée : l’entreprise doit désigner une plateforme pour recevoir ses factures électroniques. La plateforme se charge ensuite d’enregistrer les informations nécessaires dans l’annuaire central.
- Mettez de l’ordre dans vos données de base : vérifiez notamment les numéros SIREN et SIRET, les adresses électroniques de facturation, les codes de routage, les données clients et fournisseurs ainsi que les nouvelles mentions obligatoires.
- Sécurisez la réception des factures : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées doivent pouvoir recevoir leurs factures électroniques par l’intermédiaire d’une Plateforme Agréée.
- Préparez l’émission et l’e-reporting : identifiez les transactions relevant de la facturation électronique, celles soumises à l’e-reporting et les données de paiement à transmettre. Vérifiez également les formats et les cas d’usage pris en charge.
- Contrôlez les factures entrantes : signalez rapidement toute erreur au fournisseur et demandez une facture corrigée lorsque les défauts peuvent avoir une incidence sur le traitement comptable ou fiscal.
- Documentez les démarches : conservez les contrats, calendriers, tests, échanges avec les prestataires, tickets d’assistance et plans de correction. Ces éléments peuvent aider l’administration à évaluer le sérieux de la trajectoire de mise en conformité.
Comment contester une amende
Une amende infligée n’est pas définitive. La procédure consiste tout d’abord à déposer une réclamation écrite auprès de l’administration fiscale compétente, puis, le cas échéant, à saisir le tribunal administratif. Ce dernier peut alors réduire une sanction jugée disproportionnée. La clé du succès réside dans les éléments de preuve : les personnes qui peuvent démontrer que la mise en conformité a été sérieusement entreprise ont nettement plus de chances d’obtenir gain de cause.
Les amendes ne sont pas le principal problème
Avec 50 euros par facture et un plafond annuel de 15 000 euros, les sanctions en cas de non-conformité peuvent sembler prévisibles. Elles ne représentent cependant qu’une partie du risque. Une facture rejetée peut interrompre le traitement automatisé, nécessiter une correction manuelle et retarder le paiement. Des défauts importants peuvent également fragiliser la justification du droit à déduction de la TVA. Enfin, une entreprise qui ne maîtrise pas ses flux de facturation risque de multiplier les erreurs et de détériorer la relation avec ses partenaires commerciaux. En agissant rapidement, vous réduisez à la fois le risque de pénalité pour facturation électronique, les retards opérationnels et les interventions manuelles nécessaires pour corriger les factures.
Comment ecosio vous aide à vous mettre en conformité
Pour ceux qui doivent encore effectuer la transition, deux éléments sont essentiels : la rapidité et la sécurité dans le cadre de l’activité courante. En tant que plateforme agréée, ecosio se charge de la vérification du format, du contrôle des informations obligatoires et des déclarations auprès de l’administration fiscale. Un suivi continu permet de repérer immédiatement les factures rejetées, plutôt que de ne les découvrir qu’au moment où le paiement n’est pas effectué.
Vous ne savez pas où en est votre entreprise ? Notre équipe examine vos processus de facturation et vous indique quelles lacunes doivent être comblées en priorité.
FAQ : sanctions en cas de non-respect
FAQs
Quels sont les risques pour une entreprise qui n’a pas encore mis en place la facturation électronique ?
Outre les amendes, l’entreprise s’expose à des conséquences opérationnelles. Les plateformes ou les clients peuvent rejeter des factures comportant des erreurs, ce qui entraîne des corrections manuelles et des retards de traitement. En cas de manquements importants, la déduction de la TVA peut également être remise en cause.
À combien s’élève l’amende pour une facture non conforme ?
L’amende est de 50 euros par facture qui aurait dû être émise sous forme électronique via une Plateforme Agréée, avec un plafond de 15 000 euros par année civile. Cette sanction est prévue par l’article 1737 III du CGI. Elle ne doit pas être confondue avec l’amende de 15 euros prévue pour une omission ou une inexactitude dans les mentions d’une facture.
Quelle amende encourt-on en cas de non-transmission des données par e-reporting ?
L’amende est de 500 euros par transmission manquante, avec un plafond de 15 000 euros par année civile pour chacune des obligations concernées. Les transmissions de données relatives aux transactions et celles portant sur les paiements relèvent de dispositions distinctes de l’article 1788 D du CGI.
Que se passe-t-il si une entreprise ne désigne pas de Plateforme Agréée ?
L’administration adresse d’abord une mise en demeure et accorde un délai de trois mois pour régulariser la situation. Si le manquement persiste, une amende de 500 euros s’applique. Une nouvelle mise en demeure est alors adressée. En l’absence de régularisation, une amende de 1 000 euros est due, puis une nouvelle amende de 1 000 euros peut être appliquée après chaque période supplémentaire de trois mois.
Y a-t-il une période de tolérance pendant la phase de mise en place ?
L’administration a annoncé une approche pédagogique et proportionnée pendant la phase de démarrage en 2026. Les sanctions ne doivent pas être immédiates ou automatiques lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés réelles, les documente et prend des mesures correctives.
Cette approche ne reporte pas les échéances légales et ne dispense pas l’entreprise de se mettre en conformité.
La déduction de la TVA peut-elle être refusée en cas de facture non conforme ?
Oui, dans certaines situations. Une facture présentant des défauts importants peut ne plus constituer une pièce justificative suffisante. Toutefois, une omission ou une inexactitude isolée n’entraîne pas automatiquement le refus de la déduction lorsque la réalité de l’opération et les autres conditions légales peuvent être démontrées.
Le droit à l’erreur s’applique-t-il également à l’obligation de facturation électronique ?
Une règle de régularisation s’applique à certaines sanctions prévues par les articles 1737 et 1788 D du CGI. En cas de première infraction commise pendant l’année civile en cours et les trois années précédentes, certaines amendes ne sont pas appliquées lorsque le manquement est corrigé spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l’administration.
Cette règle ne constitue pas une exonération générale pour tous les manquements liés à la facturation électronique.
Que dois-je faire immédiatement si mon entreprise n’est pas prête ?
Vérifiez les échéances applicables, choisissez une Plateforme Agréée et assurez-vous que votre entreprise est correctement référencée dans l’annuaire. Mettez ensuite à jour vos données de base, testez la réception et l’émission des factures et identifiez les flux soumis à l’e-reporting.
Documentez chaque étape, avec les dates, contrats, résultats de tests et mesures correctives. Ces éléments permettent de démontrer que votre entreprise suit une trajectoire sérieuse de mise en conformité.